«Pourquoi nous apportez-vous de la nourriture?»

Afrique de l’Est: Osman* se tient devant sa tente sous un soleil de plomb. Il a perdu dix membres de sa famille dans le conflit et son pays natal est détruit. Le sol sous ses pieds appartient à l’un des nombreux camps de réfugiés géants du pays voisin. Quelque cinquante mille personnes vivent là, dont les trois quarts sont des femmes et des enfants. Ils luttent ici contre la faim, le choléra et le désespoir.

Lorsque les partenaires locaux de l’AÉM distribuent pour la première fois de la nourriture telle que farine, huile, lentilles et sucre, Osman est un peu irrité. Ils apportent d’abord leurs colis aux personnes âgées, malades et handicapées plutôt qu’à leur «propre groupe». Ils ne demandent pas leur origine ou leur religion. Il n’avait jamais vu cela auparavant.

Puis un incendie se déclare dans le camp. Les tentes brûlent et beaucoup perdent de nouveau tout ce qu’ils possèdent. En principe, c’est au tour d’un autre camp d’être aidé lors de la prochaine distribution, mais les partenaires de l’AÉM décident: «Nous allons là où les besoins sont les plus pressants.» Retour donc au camp d’Osman. Cet amour inconditionnel pour son prochain le convainc: «Aucun dirigeant, aucun chef de guerre, aucune milice n’agit ainsi; cet amour est authentique!»

Au milieu des piquets de tente carbonisés, Osman reçoit lui aussi un sac de nourriture. Le messager lui explique que cette aide est financée par des chrétiens. Osman est impressionné: «Si ceux qui croient en Jésus aiment ainsi, je veux moi aussi connaître ce Jésus!»

Aujourd’hui, Osman est le principal responsable d’une église clandestine en pleine expansion dans son camp. Il organise des petites réunions et accompagne les nouveaux croyants, toujours avec le risque d’être persécuté par des musulmans radicaux. La situation dans le camp est légèrement meilleure que dans son pays d’origine, car presque personne ne le connaît ici. Beaucoup d’autres chrétiens lui disent: «Je ne serais jamais devenu chrétien si je n’étais pas dans ce camp de réfugiés. Chez moi, ma famille m’aurait tué!»

Malgré des conditions indescriptibles, la vie dans le camp offre également de nouvelles opportunités. Grâce à la distribution de nourriture, à des consultations pour les personnes traumatisées ou à des programmes pour les enfants, les chrétiens entrent en contact avec des personnes intéressées. Plus de cent personnes se sont déjà converties dans cette région. À ce jour, l’AÉM a pu apporter de la nourriture à trois mille personnes dans la région d’Osman.

* Prénom modifié par la rédaction, image symbolique

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