«Je n’ai plus de carte d’identité valide»

Asie du Sud: Il y a près de dix ans, Mehedi* s’est détourné de l’islam pour devenir chrétien. Dans son pays à majorité musulmane, cette décision lui cause encore de grandes difficultés. En effet, bien que la liberté de religion soit officiellement reconnue, les anciens musulmans sont discriminés et marginalisés par leur famille, la société et/ou l’État. Il arrive même parfois qu’ils soient victimes de violences physiques.

Conscient du risque, Mehedi s’engage néanmoins pleinement dans sa nouvelle foi, car il nourrit une grande passion pour Jésus-Christ. Pour l’exprimer, il souhaite changer officiellement d’appartenance religieuse. Concrètement, il désire faire enregistrer son changement de religion dans les registres officiels, changer de nom et obtenir une nouvelle carte d’identité.

Pourquoi ce changement de nom? Dans la culture de Mehedi, la religion, contrairement à la nôtre, n’est pas une affaire privée. Elle est étroitement liée à la famille, au groupe ethnique et au nom. En lisant le nom figurant sur la carte d’identité, on reconnaît immédiatement si une personne est musulmane, hindoue, bouddhiste, chrétienne ou adepte d’une religion tribale. Mehedi souhaite montrer officiellement qu’il suit désormais Jésus-Christ.

Il mène depuis des années ce combat, mais il se heurte à un mur à tous les services administratifs et devant tous les tribunaux. À ce jour, ni sa religion ni son nom n’ont été officiellement modifiés. Il est convaincu que cela est possible au regard de la loi. Certains chrétiens lui disent qu’il s’est montré trop zélé; il aurait dû demander les changements les uns après les autres, petit à petit.

Autrefois, Mehedi était journaliste et avait un bon emploi. Parce que son dossier a fait grand bruit, il ne trouve plus de travail, ni dans son domaine ni ailleurs. Entre-temps, sa dernière carte d’identité a expiré. Les autorités ne lui en délivrent pas de nouvelle. Sans pièce d’identité valide, il ne peut plus voyager à l’étranger ni ouvrir de compte bancaire.

Il lui reste une dernière lueur d’espoir. L’Alliance évangélique examine actuellement la possibilité pour Mehedi de se réfugier dans le pays voisin. Là-bas, il obtiendrait un passeport au bout de quelques années et pourrait se reconstruire une vie. Merci de prier pour Mehedi!

* Le prénom a été modifié par la rédaction, photo symbolique

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