«Tass est désormais auprès de Jésus»

Israël et territoires palestiniens: Ancien tireur d’élite sous les ordres de Yasser Arafat, Taysir «Tass» Abu Saada s’était engagé en faveur de la réconciliation dans le conflit au Proche-Orient. Il est décédé le 1er avril 2026, à l’âge de septante-cinq ans.

Sa famille a déménagé peu après sa naissance à Gaza d’abord en Arabie saoudite, puis au Qatar. Adolescent, Tass a fugué pour rejoindre le Fatah de Yasser Arafat. Depuis le sol jordanien, il menait des opérations commando contre Israël avec le Fatah. Étant tireur d’élite, il était également chargé d’assassinats ciblés.

À l’époque, il était surnommé «le boucher». Les pertes dans ses propres rangs étaient lourdes et le jeune Tass a rapidement gravi les échelons militaires. Au Fatah, on formait des enfants au maniement des armes.

Après plusieurs années, son père a pris contact avec lui et est parvenu à le faire revenir chez lui sous prétexte qu’il devait juste passer voir sa mère avant de repartir au combat. Cependant, à l’aéroport de Doha, on lui a confisqué son passeport. Son père lui a donné le choix soit de rester au Qatar, soit de partir étudier à l’étranger.

En 1974, Tass s’installe donc aux États-Unis. Fort d’une meilleure formation, il comptait retourner plus tard combattre Israël. Aux États-Unis, il se marie, étudie l’économie et gravit les échelons dans un restaurant, passant de plongeur à propriétaire. Près de vingt ans plus tard, le Palestinien choisit de vivre avec le Christ.

En se tournant vers Dieu, Tass a regretté sa haine. En lisant la Bible, il a constaté que les Juifs avaient le droit de vivre en Israël. Dans le même temps, il était convaincu que les fils d’Ismaël, eux aussi descendants d’Abraham, devaient également y trouver leur place. Il souhaitait donc que ces peuples frères vivent en paix les uns avec les autres. Selon lui, la clé pour y parvenir était le Prince de la paix, Jésus-Christ.

Plus tard, Tass est retourné au Proche-Orient à temps partiel pour y semer non plus la haine, mais la réconciliation. Il souhaitait que les jeunes empruntent une voie différente de celle qu’il avait suivie à l’époque.

Taysir Abu Saada s’est notamment engagé à Gaza dans des projets en faveur des enfants et des jeunes. Outre cette action, il dirigeait une crèche à Jéricho et une autre à Jérusalem. À cela s’ajoutaient des cours d’anglais pour les jeunes ainsi qu’un programme de start-up destiné à ceux qui souhaitaient créer une entreprise. Ces activités étaient financées à la fois par des dons, par un restaurant, par un élevage de poules pondeuses et par un projet de puits d’eau potable.

Tass priait quotidiennement pour les populations des deux camps. Il a confirmé le récit selon lequel beaucoup d’habitants de la bande de Gaza auraient rencontré Jésus dans leur sommeil. Ces dernières années, il vivait à Jéricho, en Cisjordanie, d’où il accompagnait principalement des disciples de Jésus issus de milieux musulmans. L’AÉM Suisse comptait parmi ses partenaires, et c’est grâce à elle qu’il a donné plusieurs conférences en Suisse, notamment avec le juif messianique Moran Rosenblit, qui haïssait autrefois les Arabes.

Des chrétiens de Gaza ont rédigé cette nécrologie:
«Le corps s’en est allé… mais son impact demeure. Sa voix s’est tue… mais ses paroles continuent de vivre dans nos cœurs.

»Aujourd’hui, nous sommes là le cœur brisé, mais pleins d’espoir… Nous ne faisons en effet pas nos adieux à un homme ordinaire, mais à un homme de foi. Il a vécu pour le Christ de tout son être et a laissé des traces indélébiles.

»Frère Tass… n’était pas seulement un serviteur, mais aussi un père spirituel, un bâtisseur d’hommes, un semeur de foi et un témoignage vivant de l’amour du Christ dans un pays marqué par la souffrance.

»Par la grâce du Seigneur, il a joué un rôle déterminant dans la formation d’hommes de foi et dans la plantation de graines qui ne mourront pas… mais qui grandiront, porteront du fruit et transmettront le même esprit avec lequel il a vécu.

»Oui… notre perte est grande et le vide qu’il a laissé ne peut être comblé. Néanmoins, nous ne pleurons pas comme ceux qui n’ont pas d’espoir, car nous savons qu’il est désormais en présence du Seigneur, dans un lieu où il n’y a ni douleur ni larmes.

»Tass nous a quittés… mais en vérité… il est toujours là… dans chaque cœur qu’il a touché, dans chaque vie qu’il a transformée, dans chaque prière qu’il nous a enseignée et dans chaque pas de foi que nous continuerons à faire à sa suite.»

Auteur: Daniel Gerber. Traduit de l’allemand par l’AÉM.

Source: Livenet, Ex-Scharfschütze ist beim «Prinz des Friedens»

Des nouvelles émouvantes​

Recevez régulièrement des informations sur le travail dans les pays où nous avons des projets.

Choisissez les canaux par lesquels vous souhaitez recevoir des informations:

* Champ obligatoire