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Espoir pour tout un village

Janvier 2019 - Les pays des Balkan, surtout l’Albanie, le Kosovo et la Macédoine jouissent d’une réputation douteuse en Europe; la corruption, le chômage élevé, l’instabilité politique et la menace d’une escalade avec les pays voisins ont
façonné les rapports ces dernières décennies. L’AÉM est active depuis plus de vingt-cinq ans avec des partenaires locaux dans les Balkans, principalement en Albanie.

aém. L’Albanie montagneuse a une histoire difficile. Après des décennies de dépendance sous la coupe de puissances étrangères, le pays est tombé sous le régime communiste au cours de la Seconde Guerre mondiale et ­­­­
jusqu’en 1990. Il n’y avait pratiquement pas de chrétiens dans le pays, les réunions ayant été interdites pendant les décennies de dictature d’Enver Hoxha. Le pays était au bord de l’effondrement. Une tyrannie sévère exploitait la population.

Toujours l’un des pays les plus pauvres d’Europe
Aujourd’hui, après près de trente ans, la situation a considérablement changé. Le pays s’est développé, en particulier les villes dans lesquelles on trouve beaucoup de nouveaux bâtiments et de cafés, le réseau routier a été renouvelé et étendu. Toutefois la faiblesse du système scolaire et médical, le taux de chômage élevé, la pauvreté et la corruption endémique rendent la vie quotidienne encore très difficile. Les enfants, les femmes et les personnes âgées en particulier en souffrent. L’urgence de trouver de la nourriture, de se battre contre les maladies et de lutter contre le froid hivernal marquent souvent leur vie quotidienne.

 

 

Dans le cadre du projet de développement du village, quelque trois cents enfants reçoivent régulièrement des repas chauds, des cours particuliers et des soins. Photo : © AÉM


Les villageois nous attendent

Sur une route non pavée, nous allons en voiture de Tirana vers un village situé dans les collines. Nous sommes heureux parce que le soleil brille; par temps de pluie, le voyage serait devenu difficile. Beaucoup d’enfants et de personnes âgées nous attendent joyeusement sur les chemins au milieu de pauvres demeures. Il est tout de suite évident que très peu de gens aisés vivent ici.
Nous rendons visite à une femme âgée dans sa maison, qui ressemble à une étable: une chambre froide avec un lit et un petit coin cuisine. Elle a quitté les montagnes du nord de l’Albanie pour s’installer dans les environs de la ville. Elle nous dit: «Mon mari est mort il y a des années. L’un de mes fils a été assassiné par une vendetta. L’autre fils vit en Grèce, mais semble m’avoir oubliée entre-temps, parce qu’il s’y est lui-même attiré des ennuis à cause de la crise économique. Je n’ai donc plus de revenu. Je suis bien trop âgée pour trouver du travail.»

Sympathiser et réconforter

Vera, partenaire locale de l’AÉM, et son équipe rendent régulièrement visite à cette femme et à beaucoup d’autres dans le village, apportent de la nourriture, fournissent des soins médicaux les plus urgents et donnent beaucoup d’amour. C’est cet amour de Jésus-Christ qui touche le cœur de ces gens. Abandonnés par le gouvernement, en marge de la société, vivant dans la misère et le désespoir, ils aspirent à la chaleur et à l’affection. Les larmes coulent encore et encore. La sympathie de Vera et de son équipe agit comme un baume sur leur âme endolorie. «Nous n’avons personne d’autre. Merci beaucoup de l’intérêt que vous portez à notre bien-être!»

«Vous rendez visible la présence de Dieu»

Dans le village, les partenaires de projets locaux de l’AÉM fournissent régulièrement trois fois par semaine des repas chauds à quelque trois cents enfants et cinquante femmes. Les enfants sont pris en charge et reçoivent un soutien scolaire. Des travailleurs sociaux formés s’occupent des femmes et des enfants qui doivent faire face à la violence familiale et à la maltraitance. La détresse émotionnelle est grande. L’équipe aide les enfants à entrer à l’école; sans cela, ils n’auraient pas accès à l’éducation. Grâce à des cours, les femmes apprennent à coudre, à cuisiner sainement et à s’occuper d’un jardin. On peut voir que les enfants aiment venir ici pour se ressourcer. Un garçon l’a exprimé ainsi: «Vous rendez visible la présence de Dieu en nous offrant un lieu où nous nous sentons chez nous.»

Soutien

Souhaitez-vous soutenir les enfants de ce village et améliorer ainsi les perspectives d’avenir d’un village entier? Le coût annuel de la garde d’un enfant (y compris les repas chauds, la scolarité complémentaire et les soins personnels) est de CHF 200.‒/€ 170.‒.

«Nous n’avons personne d’autre. Merci d’être venus nous voir.» Photo : © AÉM

Le kanun et la vengeance du sang

Le kanun est un droit coutumier séculaire qui est encore largement répandu dans le nord de l’Albanie. C’est un code de vie sur l’hospitalité, l’honneur, la vie et la mort, dont la vengeance du sang, principe pour l’expiation des crimes. C’est comme cela que les meurtres ou les blessures d’honneur sont vengés par des meurtres. On estime qu’aujourd’hui des hommes et des garçons de plusieurs milliers de familles du nord de l’Albanie doivent se terrer chez eux parce qu’ils risquent d’être victimes de cette vengeance. Les garçons affectés ne peuvent pas aller à l’école, les hommes ne peuvent pas travailler. Ils attendent la mort à la maison. Dans le même temps, des groupes criminels font souvent peur à la population en revendiquant la pratique de ce code et la vengeance du sang. L’AÉM aide les familles touchées en leur fournissant une assistance matérielle et médicale et, grâce à des personnes locales qualifiées, un accompagnement psychologique.